Site icon My Blog Immobilier

Welmo : notre avis sur la startup qui a levé 29 millions, puis a été rachetée à la barre du tribunal

Certaines histoires immobilières commencent dans l’enthousiasme des levées de fonds et finissent devant un tribunal de commerce. Celle de Welmo est de celles-là, et elle mérite qu’on la regarde en face, sans complaisance ni acharnement.

Welmo a tout essayé : le modèle 100 % digital, les mandataires indépendants, les forfaits fixes, les commissions à taux réduit. La startup a séduit des investisseurs japonais de premier plan, affiché des ambitions nationales, et accumulé malgré tout 1,8 million d’euros de pertes nettes entre 2021 et 2024. En juillet 2025, le tribunal de commerce de Créteil a tranché : Welmo est repris par DigitRE Group, maison mère d’Optimhome.

Acte I : la startup qui voulait révolutionner l’immobilier

Mars 2016. Trois associés, Nicolas Gay, Jimmy Delage et Charles Collas, fondent Welmo à Vincennes, en Île-de-France. L’idée est simple à formuler, ambitieuse à exécuter : créer la première agence immobilière 100 % digitale de France, sans agences physiques, sans vitrines, sans les frais de structure qui pèsent sur les commissions traditionnelles.

Le raisonnement tient la route. À l’époque, plus de 80 % des acheteurs commencent leur recherche sur SeLoger, Bien’ici ou Leboncoin. Pourquoi maintenir un réseau d’agences coûteuses quand la valeur se crée désormais en ligne ? Welmo se positionne comme l’intermédiaire qui supprime l’inutile et conserve l’essentiel : l’expertise, la diffusion, l’accompagnement administratif.

La traction est réelle. En 2019, Welmo lève 11 millions de dollars auprès de LINE Ventures, Mixi et Akatsuki, trois acteurs majeurs du numérique japonais. En 2021, une série C de 18,1 millions de dollars suit, portée par Toppan, Aflac, Tokio Marine et DG Ventures. Au total, plus de 29 millions de dollars levés en moins de six ans.

Nicolas Gay, PDG de Welmo, revendique alors des performances remarquables : ses agents réaliseraient en moyenne six ventes par mois, contre deux à trois pour un mandataire traditionnel. Les annonces sont diffusées sur plus de 40 portails immobiliers. La couverture est nationale.

Sur le papier, Welmo est une réussite. Dans les comptes, la réalité est plus sombre.

Le modèle Welmo : entre agence en ligne et réseau de mandataires

Welmo n’est ni une agence à frais fixes pure comme Imop, ni un réseau de mandataires classique comme iad ou Capifrance. C’est un modèle hybride, et cette singularité est à la fois sa force et sa source de confusion.

Concrètement, Welmo fonctionne ainsi :

Ce positionnement hybride permet à Welmo d’afficher des tarifs inférieurs à ceux des agences traditionnelles (5,78 % de commission moyenne en France selon l’Autorité de la concurrence) tout en offrant davantage de services qu’un simple outil de diffusion d’annonces.

La grille tarifaire : ce que vous paierez réellement

La transparence tarifaire est l’un des arguments centraux de Welmo. Voici ce que les offres prévoient concrètement.

L’offre Starter, à partir de 1 990 €

C’est le forfait d’entrée. Pour 1 990 €, Welmo prend en charge :

Ce qui n’est pas inclus : les visites elles-mêmes (vous les réalisez), la négociation et le suivi administratif de la vente. L’offre Starter n’est pas juridiquement un mandat de vente, elle ne confère donc pas à l’agent le droit de négocier en votre nom.

L’offre Signature, mandat exclusif à 3,5 %

C’est l’offre la plus complète. Elle inclut photos professionnelles, plan 3D, visite virtuelle, gestion des offres et accompagnement administratif jusqu’à la signature. Le mandat est exclusif : vous ne pouvez pas confier le bien à une autre agence simultanément.

L’offre Liberté, mandat simple à 4,5 %

La différence avec Signature : pas de mandat exclusif, pas de visite 3D incluse (supplément de 480 €). Les honoraires sont ici à la charge de l’acheteur, et non du vendeur, un point souvent mal compris qui génère des avis négatifs sur Trustpilot.

L’offre Parking, 2 990 € en mandat exclusif

Réservée aux places de stationnement et garages. Mandat exclusif uniquement.

Le supplément visites, 0,5 % avec minimum 1 000 €

Quelle que soit l’offre choisie (hors Starter), les visites peuvent être déléguées à l’agent moyennant 0,5 % du prix de vente, avec un minimum de 1 000 €. C’est un point crucial : beaucoup d’avis négatifs proviennent de vendeurs qui n’avaient pas anticipé ce coût supplémentaire.

Pour comparer : Imop pratique des forfaits fixes entre 5 900 € et 29 900 € selon la valeur du bien, visites incluses. iad facture entre 5 % et 7 % TTC, tout compris. Welmo se situe entre les deux, moins cher qu’iad pour les biens de valeur moyenne, mais avec une part de travail laissée au vendeur.

L’estimation initiale est gratuite et sans engagement.

Acte II : les 1,8 million d’euros de pertes et la reprise à la barre du tribunal

C’est ici que l’honnêteté s’impose.

Malgré plus de 29 millions de dollars levés auprès d’investisseurs institutionnels japonais, Welmo accumule 1,8 million d’euros de pertes nettes entre 2021 et 2024. En juin 2024, la société est placée en redressement judiciaire. Un an plus tard, le 2 juillet 2025, le tribunal de commerce de Créteil prononce la cession à la barre.

Plusieurs repreneurs avaient déposé une offre : le cabinet Benedic, le groupe We Invest Real Estate, et le réseau Propriétés-privées.com. C’est finalement DigitRE Group, maison mère d’Optimhome, qui l’emporte.

Qu’est-ce qui a échoué ?

Olivier Colcombet, président de DigitRE Group, résume la situation avec une formule directe : « Le poids des charges fixes faisant face à un volume d’affaires restreint. » Il ajoute que Welmo était « trop endetté pour survivre ».

Plusieurs facteurs structurels permettent de comprendre cette trajectoire :

Ce que la reprise a préservé

Sur les six salariés de la SAS Welmo, trois ont été repris par DigitRE Group : l’administrateur des ventes, le responsable technique, et un stagiaire. La centaine de mandataires indépendants a été intégrée progressivement dans l’écosystème Optimhome, sous l’appellation transitoire « Welmo by Optimhome ».

Au moment du rachat, le portefeuille Welmo comprenait 450 mandats de vente actifs, un actif concret qui a pesé dans la décision de DigitRE Group. Le groupe anticipe un résultat d’exploitation de 200 000 euros pour l’activité Welmo sur douze mois glissants.

Ce que les clients disent

Trustpilot : 4,1 / 5 sur 375 avis. Welmo répond à 66 % des avis négatifs, ce qui témoigne d’une démarche de suivi réelle, même si ce taux laisse un tiers des insatisfactions sans réponse.

Ce qui revient positivement

Ce qui revient négativement

De son côté, Empruntis cite un tarif d’entrée à partir de 8 990 € pour les offres avec mandat, ce qui correspond à l’offre Liberté, un point de repère utile pour les comparaisons.

Ce que les agents et employés disent

Les avis internes sont, eux, nettement plus favorables.

Indeed : 4,4 / 5 sur 32 avis, avec des sous-notes détaillées :

CritèreNote
Équilibre vie pro / vie perso4,6 / 5
Management4,6 / 5
Culture d’entreprise4,5 / 5
Rémunération et avantages4,2 / 5

Glassdoor confirme un équilibre vie professionnelle / vie personnelle noté 4,2 / 5.

Ce qui ressort positivement

Ce qui ressort négativement

Welmo by Optimhome : que vaut-il aujourd’hui ?

Depuis juillet 2025, Welmo n’existe plus en tant qu’entité autonome. La marque subsiste temporairement sous l’appellation « Welmo by Optimhome », le temps que l’intégration soit finalisée, prévue pour la fin 2025.

Ce que DigitRE Group apporte

Optimhome, filiale de DigitRE Group (lui-même détenu par le fonds LFPI), compte plus de 1 700 conseillers en France. Ce réseau apporte à l’ancienne équipe Welmo plusieurs ressources concrètes :

Ce qui reste de Welmo

La marque Welmo disparaîtra progressivement au profit d’Optimhome. Les mandataires qui ont rejoint Welmo pour son positionnement digital et sa culture startup se retrouvent désormais dans un réseau plus grand, plus structuré, mais aussi plus standardisé.

Nicolas Gay, co-fondateur et PDG de Welmo, a déclaré avoir choisi Optimhome « pour la qualité du projet, la solidité du groupe DigitRE et le volontarisme de ses équipes ». Une formule qui sonne à la fois comme une reconnaissance et comme un adieu à l’aventure entrepreneuriale indépendante.

Faut-il encore choisir Welmo plutôt qu’Optimhome directement ?

La question est légitime. Si l’intégration se déroule comme prévu, les deux marques convergeront vers les mêmes services, les mêmes outils et les mêmes conseillers. Dans ce cas, la distinction entre « Welmo by Optimhome » et Optimhome devient purement nominale.

Notre recommandation : si vous envisagez de vendre avec Welmo aujourd’hui, contactez directement un conseiller pour vérifier quelles offres sont encore actives sous la marque Welmo, et lesquelles ont déjà basculé vers les conditions Optimhome. La période de transition génère une incertitude qu’il vaut mieux lever avant de signer.

Welmo est-il fait pour vous ?

Pour les vendeurs

Welmo by Optimhome s’adresse en priorité aux vendeurs qui :

En revanche, si vous vendez un bien haut de gamme (plus d’un million d’euros) ou si vous avez besoin d’un accompagnement terrain très présent, une agence traditionnelle ou un réseau mandataire à grande échelle comme Optimhome directement peut s’avérer plus adapté.

Pour les mandataires

Les conseillers qui rejoignent aujourd’hui « Welmo by Optimhome » intègrent de facto l’écosystème Optimhome. Cela signifie :

La situation reste en cours d’évolution. Les conditions exactes de rémunération et les outils disponibles sous la marque Welmo méritent d’être vérifiés directement auprès d’Optimhome avant tout engagement.

Quitter la version mobile